Types de végétalisation - différences avec la toiture jardin

Un système de végétalisation de toiture est un ensemble de matériaux et de végétaux mis en place sur une toiture (ou une toiture-terrasse) avec l’objectif d’assurer la pérennité de la végétation comme de la construction. Un des éléments fondamentaux de la toiture est l'élément porteur (dalle béton, bac acier, panneaux bois,...) qui suivant sa nature et sa définition technique, est à même de supporter des charges et des emplois différents. Un revêtement d’étanchéité, résistant à la pénétration racinaire, est indispensable à un fonctionnement durable de l’ensemble. Une isolation thermique, généralement placée sous le revêtement d'étanchéité, complète la technique de toiture. Trois techniques différentes, ou concepts de végétalisation de toitures coexistent en France, le tableau ci-dessous en résume les caractéristiques :

tableau comparatif intensive semi-intensive extensive
épaisseur substrat > 30cm
< 30cm < 8cm
poids > 600 kg/m2150 à 350 kg/m2
env.100kg/m2
support admissiblebétonbéton, acier, bois béton, acier, bois
choix de végétation très large
large
restreint
entretien importantlimitéfaible
coût global toiture élevé moyen économique

 


agrandir végétalisation semi-intensive agrandir végétalisation extensive agrandir
    
1. Végétalisation intensive, ou toiture-terrasse jardin « traditionnelle »
Elle consiste à transposer en toiture les éléments d’un jardin qui serait réalisé au sol (terre végétale en épaisseurs fortes, végétaux de grande taille, gazons, arbres), en prévoyant des dispositions supplémentaires, telles que revêtement d’étanchéité résistant à la pénétration racinaire, couche de drainage et couche filtrante, zone stérile en périphérie, et bien entendu la prise en compte préalable des charges permanentes très élevées dues à la terre. L’entretien est « intensif », c’est à dire au minimum équivalent à ce que serait le même jardin au sol, à quoi s’ajoutent les contraintes particulières de montage des matériels et d’évacuation des déchets. Elle est encadrée par la norme NF P 84-204- (réf DTU 43.1). Elle ne peut être réalisée que sur support béton en pente inférieure à 5%.

2. Végétalisation semi-intensive
Il s’agit d’une « amélioration» de la terrasse-jardin, dans la mesure où les matériaux de culture sont dûment sélectionnés (des substrats spécifiques se substituent à la terre végétale, et la couche de drainage participe généralement aussi à la rétention en eau). Le choix des végétaux (plantes couvre-sol par exemple) et la conception d’ensemble s’orientent vers un entretien plus limité que dans la solution « traditionnelle ». Les végétalisations semi-intensives ne sont pas décrites dans le cadre réglementaire actuel. Des Cahiers de Prescription de Pose de fabricants peuvent en prévoir la réalisation sur les supports légers (acier, bois), dans la mesure où la maîtrise précise des charges induites par les matériaux le permet.

3. Végétalisation extensive
C’est une solution radicalement distincte des précédentes : le concept de jardin est abandonné, au profit des notions de tapis végétal (à base de sedum prinicpalement), d’aspect naturel et d’écosystème. De même, la notion d’entretien réduit devient prioritaire. Les moyens de culture sont ramenés au minimum (très faibles épaisseurs de matériaux sélectionnés), mais en adéquation avec une liste restreinte de plantes compatibles. Cette végétation est dite extensive. La notion de charge très limitée (et précisément définie) offre la possibilité d’utilisation sur tous supports, même légers, et dans de nombreux cas, sur des terrasses existantes (substitution d’un système complet de végétalisation, au gravier protégeant l’étanchéité). L’entretien est le plus souvent limité à 1 ou 3 passages annuels, qui n’occasionnent pas de travaux complexes. Les végétalisations extensives de toitures sont encadrées par les « Règles professionnelles pour les toitures et terrasses végétalisées», éditées par la CSFE. Elles peuvent être réalisées sur support béton, acier et bois sur des pentes allant jusqu’à 20%.